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Vélotaf : exposition vs dose inhalée (pourquoi les feux rouges comptent)

Comprendre l’équation de dose pour les vélotafeurs et comment le choix de l’itinéraire modifie votre absorption réelle de polluants.

Réponse rapide

Dose inhalée = concentration × fréquence respiratoire × durée. Selon l’intensité, les cyclistes traitent souvent 2 à 4 fois plus d’air par minute que les passagers d’une voiture, tout en passant parfois moins de temps dans le trafic. Les recherches montrent systématiquement que les bénéfices du vélo pour la santé l’emportent largement sur les risques liés à la pollution. Un choix d’itinéraire malin — éviter les grands axes et les feux rouges — peut réduire votre dose de 30 à 50 %.

Ce guide fournit des conseils généraux et ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé si vous souffrez de troubles respiratoires ou cardiovasculaires.

L’équation de dose

La quantité réelle de polluants que vous inhalez dépend de trois variables, sur chacune desquelles vous pouvez agir dans une certaine mesure :

Dose inhalée = Concentration (µg/m³) × Débit ventilatoire (L/min) × Durée (min)

La concentration correspond à ce qui se trouve dans l’air autour de vous. Le débit ventilatoire est la quantité d’air que vous traitez par minute. La durée est le temps pendant lequel vous êtes exposé. Réduire l’un de ces trois facteurs diminue votre dose totale inhalée.

Fréquences respiratoires par mode de transport

La quantité d’air que vous traitez dépend de l’intensité de votre activité :

Marche

~15 L/min. Un rythme tranquille implique un débit d’air relativement faible par minute.

Vélo (modéré)

~30 L/min. Un rythme de trajet régulier double environ le débit ventilatoire par rapport à la marche.

Vélo (intense)

~45 L/min. Les efforts soutenus en côte ou les sprints poussent significativement le débit ventilatoire.

Voiture

~8 L/min. Assis et au repos, les occupants d’une voiture traitent le moins d’air par minute.

Un débit ventilatoire plus élevé signifie plus d’air traité par minute — et plus de polluants acheminés dans vos poumons. C’est pourquoi l’intensité compte, pas seulement la durée.

Pourquoi les cyclistes inhalent plus

Bien qu’ils passent moins de temps dans le trafic pour la plupart des trajets, les cyclistes traitent souvent nettement plus d’air par minute que les occupants d’une voiture (fréquemment 2 à 4 fois plus selon l’intensité). Sur un trajet typique, cela signifie qu’un volume d’air total plus important — et potentiellement plus de polluants — passe par les poumons d’un cycliste.

Toutefois, la réalité est plus nuancée qu’il n’y paraît. L’habitacle d’une voiture n’est pas un environnement étanche. Les concentrations à l’intérieur d’une voiture peuvent être similaires, voire supérieures, à celles en selle, selon les réglages de ventilation, l’ouverture des fenêtres et la position dans le trafic. Les cyclistes roulent aussi généralement en bordure de trafic, tandis que les automobilistes se trouvent au milieu du nuage de gaz d’échappement en cas de congestion.

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Les feux rouges, points chauds de pollution

Les carrefours avec feux de signalisation sont les endroits où les véhicules tournent au ralenti puis accélèrent, produisant des pics de particules et de NO₂. Les cyclistes arrêtés au feu rouge se retrouvent au milieu de ce nuage de pollution — avec une fréquence respiratoire élevée s’ils viennent de pédaler.

La combinaison d’une concentration ambiante élevée et d’un débit respiratoire accéléré aux feux rouges représente une part disproportionnée de votre dose totale de trajet, même si vous ne passez que quelques minutes au rouge.

Privilégiez les parcours qui minimisent les feux rouges. Aux carrefours, positionnez-vous face au vent si possible et évitez de stationner directement derrière les véhicules au ralenti.

L’impact du choix d’itinéraire

Les rues secondaires et les pistes cyclables séparées peuvent présenter des concentrations nettement inférieures à celles des grands axes. Un itinéraire décalé d’un pâté de maisons par rapport à l’artère principale peut ajouter quelques minutes à votre trajet mais réduire votre exposition à la pollution de 30 à 50 %.

Des itinéraires légèrement plus longs mais moins intenses aident aussi. Si un parcours plus calme vous permet de rouler à un rythme plus modéré, votre fréquence respiratoire baisse également — réduisant la dose par les deux facteurs de l’équation : concentration et ventilation.

Les vélos à assistance électrique (VAE) peuvent réduire davantage la dose en diminuant l’effort du cycliste. Avec l’assistance au pédalage, vous respirez moins fort pour la même vitesse, ce qui abaisse directement la composante débit ventilatoire de votre dose inhalée.

Les bénéfices l’emportent sur les risques

Plusieurs études de grande envergure — notamment de Hartog et al. (2010), Tainio et al. (2016) et Cepeda et al. (2017) — concluent systématiquement que les bénéfices cardiovasculaires et de mortalité du vélo dépassent largement les coûts sanitaires de l’exposition à la pollution.

Cela reste vrai même dans les villes modérément polluées. L’objectif n’est pas d’arrêter de pédaler, mais de minimiser l’exposition par des choix d’itinéraire et d’horaire judicieux. Pour la plupart des personnes, la pratique régulière du vélo reste un bénéfice net pour la santé — même dans un air imparfait.

Questions fréquentes

Les cyclistes inhalent-ils vraiment plus de pollution que les automobilistes ?

Par minute, souvent oui — fréquemment 2 à 4 fois plus de volume d’air selon l’intensité. Mais par trajet, cela dépend de l’itinéraire, de la durée et des réglages de ventilation de la voiture. Les automobilistes coincés dans les embouteillages fenêtres ouvertes peuvent eux aussi accumuler une exposition significative.

Porter un masque à vélo est-il utile ?

Un masque N95 ou équivalent filtre efficacement les PM2,5 lorsqu’il est bien ajusté. Pour un trajet à rythme modéré, il peut réduire sensiblement votre dose de particules. À haute intensité, la résistance respiratoire supplémentaire peut ne pas convenir à tout le monde.

Les VAE réduisent-ils la dose de pollution ?

En diminuant votre effort, un VAE peut réduire significativement votre fréquence respiratoire, ce qui diminue directement votre dose inhalée proportionnellement — même si la concentration ambiante reste identique.

Faut-il éviter le vélo les jours de fort AQI ?

Pas nécessairement. Même les jours d’AQI modéré (51–100), les bénéfices santé du vélo l’emportent généralement sur les risques. Les jours où l’AQI dépasse 150, envisagez un transport alternatif ou un entraînement en intérieur.

Pédaler derrière un bus est-il pire qu’en piste cyclable ?

Oui. Directement derrière un véhicule diesel, vous êtes dans le panache d’échappement avec des concentrations maximales. Une piste cyclable séparée, même décalée de quelques mètres seulement, réduit significativement cette exposition.

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